04 mai 2011

Carbone

"Vous couvrez de ciment les terres labourables, vous abattez les arbres pour élever des asiles afin d’abriter les gens qui sont devenus fous de ne plus jamais voir d’arbres"

James Thurber dans Dialogue avec un lemming

En lisant cet extrait j'ai immédiatement imaginé le lemming causant avec Claude Allègre. Cet éminant géologue qui a étudié le passé géologique et climatique de la planète sur des périodes géologiques où pendant longtemps l'espèce humaine n'existait pas connait le rôle du climat sur la biosphère et sur la modification des écosystèmes. Ces connaissances sont au combien utiles dans le domaine de la recherche d'hydrocarbures car la transformation de matière organique en ressources énergétiques passe par de nombreux processus géologiques qui compose la diagénèse (passage d'un sédiment à une roche) et qui sont intimement liés aux variations eustatiques (variation relative du niveau moyen de la mer ou de l'océan par rapport au continent supposé immobile).

Les variations eustatiques peuvent avoir différentes causes :

-> tectoniques ( proximité d'une zone de subduction, d'une zone de collision, d'une dorsale) ou sédimentaires : conséquence sur le volume des bassins océaniques ( forme et taille du récipient)

-> fonte ou accumulation de glace ( cause climatique)   :  conséquence sur la masse d'eau (volume de liquide contenu dans le récipient )

La connaissance des liens entre :

- latitude de la plaque tectonique,

-climat de l'époque en question,

-végétation,

-capacité de recyclage des débris organiques par l'écosystème local,

-érosion,

-transport des débris par les courts d'eau,

-sédimentation, maturation en roche carbonée et piégeage des hydrocarbures dans les pores des roches pièges,

a donc une importance cruciale dans la compréhension de l'évolution de la matière organique en sédiments puis en roches carbonée et pour l'exploitation des hydrocarbures.

MAIS

Ce n'est pas parce que pour une plaque tectonique donnée et à un moment donné de l'histoire géologique il y a un lien de cause à effet entre latitude-climat et végétation-stockage de matière organique...

qu'il n'y a pas un lien entre activités humaines et fonte ou accumulation de glace sur la planète.

Que les géologues s'occupent le plus longtemps possible de l'exploitation des hydrocarbures avec des forrages et des plate-formes les plus propres possibles.

Que les exploitants forestiers s'occupent le plus longtemps possible des forêts : celles qui absobent du CO2 que l'on appelle puits de carbone, celles qui sont des écosystèmes d'une biodiversité innouïe, celles qui évitent l'érosion, celles qui permettent de disposer de matériaux de constructions peu énergivores lors de leur fabrication contrairement au ciment et à l'acier. Le bois de chauffe devra rester issu de l'exploitation d'arbres inutilisables pour la construction : éclaircissage, taillis, arbres tordus, branches.

Que les géotechniciens réalisent des mesures dans les terrains en pente pour que les constructeurs puissent bâtir dans ces pentes de collines et de montagnes et que les agriculteurs puissent garder un accès à des terres labourables et mécanisables et pas seulement se retrouver bergers de troupeaux en pâturage.

Que les constructeurs et les urbanistes pensent à la reconversion des bâtiments, à la rénovation et utilisent des matériaux de construction peu énergivores : bois, pisé, pierre et que le ciment (issu de la cuisson à 1450 °C de roche calcaro-argileuse) et l'acier utilisés pour faire du béton armé laissent aussi la place au bois laméllé-collé pour les constructions importantes : infrastructures, logements collectifs en immeubles permettant de limiter le mitage urbain.

Que les écologistes continuent le plus longtemps possible de surveiller le maintien des écosystèmes, la biodiversité, les conséquences que leur dégradation peut avoir sur l'alimentation mondiale et qu'ils surveillent l'équilibre de la biosphère : sol, air, eau, végétaux, animaux sans oublier les humains.

Que les climatologues continuent d'étudier et de mesurer la fonte et l'accumulation de glace, le taux de CO2.

Que les activités humaines permettent le plus longtemps possible à l'humain de travailler dans des conditions décentes, de se loger , de se nourir , d'etre en bonne santé , d'avoir accès à l'éducation.

Conclusion : j'aime le stade des Alpes, la tour Perret et les arbres qu'il y a entre les deux.

Posté par Proagriasso à 18:59 - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Carbone

    que ceci... que cela...

    mais si certains connaissent ces professions ils savent que ça fonctionne déjà comme ça,
    que les progrès se font petit à petit même si parfois ils ne se font pas naturellement.

    Posté par Anne-Laure, 06 mai 2011 à 22:35 | | Répondre
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